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L'enjeu de la mobilisation du 9 Mars

Les travailleurs et les étudiants sont déterminés à ne pas se laisser faire. La pétition « loi travail : non merci ! », lancée par un collectif de syndicalistes et de personnalités, a dépassé le million de signatures. Dans différentes couches de la population, la mobilisation s’organise avec énergie, comme en témoigne l’appel « On vaut mieux que ça ! » lancé par un collectif de vidéastes sur Youtube. Les organisations de jeunesse ont immédiatement appelé à une grande journée d’action le 9 mars. Elles réclament le retrait pur et simple du projet de loi. Les universités sont en ébullition.

La lenteur et la modération des directions syndicales ont offert un contraste frappant avec la volonté d’en découdre de la jeunesse. Le 23 février, une intersyndicale nationale publiait un communiqué ne réclamant pas le retrait du texte et proposant… une nouvelle réunion le 3 mars.

Ce communiqué constituait un alignement vers le bas sur la ligne capitularde de la CFDT, de la CFTC, de la CFE-CGC et de l’UNSA. C’est la mobilisation à la base, à l’intérieur et à l’extérieur des syndicats, qui a permis aux autres centrales syndicales de sortir de cette ornière. Une fois de plus, la direction de la CGT a été poussée sur la gauche par sa base. Après le 23 février, quelques syndicats CGT locaux ou nationaux ont commencé à lancer des mots d’ordre de manifestation et de grève pour le 9 mars. De plus en plus nombreux chaque jour, ils ont finalement été rejoints par quelques grandes fédérations, dont celle de la fonction publique (l’UGFF), avant que la confédération n’appelle finalement à participer au 9 mars – mais sans appeler formellement à la grève.

Un potentiel immense

Le potentiel de mobilisation des travailleurs et des étudiants est immense. Dans les entreprises et les universités, la colère gronde contre la dégradation sans fin des conditions de vie, de travail et d’étude que les « réformes » des gouvernements UMP ou PS ont imposées au plus grand nombre. Le mouvement contre le CPE, en 2006, est dans toutes les têtes. Cette situation a beaucoup joué dans la décision du gouvernement de repousser l’examen du projet de loi du 9 au 24 mars. Mais ce n’est pas la seule raison. Pour le gouvernement, c’est aussi un repli tactique permettant de gagner du temps pour négocier les reculs sociaux avec les syndicats capitulards.

Outre une déclaration séparée dans laquelle les centrales CFDT, CFE-CGC, CFTC et UNSA annoncent qu’elles sont prêtes à approuver la loi en échange de quelques concessions, cette intersyndicale de la capitulation appelle à une mobilisation séparée le 12 mars, en complet décalage avec la dynamique enclenchée autour du 9 mars ! Ce faisant, et en refusant de réclamer le retrait pur et simple du projet de loi, ces organisations plantent un poignard dans le dos de ceux qu’elles sont censées défendre.

Montée en puissance

Les syndicats CGT, FO, FSU, Solidair-e-s et les organisations de jeunesse UNEF, UNL et FIDL appellent à la mobilisation le 9 mars et à une grève interprofessionnelle le 31 mars. Mais il peut se passer beaucoup de choses entre ces deux dates. Selon le niveau de la mobilisation du 9 mars et des jours qui suivent, il pourrait être indispensable d’avancer la date de la grève interprofessionnelle. Par ailleurs, l’expérience des dernières grandes mobilisations – à commencer par celle de l’automne 2010 – prouve que la stratégie des « journées d’action » sans lendemain, même massives, n’est pas suffisante pour faire reculer le gouvernement, en particulier dans le contexte d’une crise profonde du capitalisme. La responsabilité des directions syndicales est donc de préparer dès à présent, avec énergie, un mouvement de grève reconductible, dans le but de paralyser durablement l’économie.

L’intersyndicale réunie autour de la CGT doit aussi clarifier son attitude à l’égard du projet. La direction de la CGT affirme qu’« il faut partir sur de véritables négociations, pas que sur des réécritures d’articles. » Mais qu’y a-t-il à négocier, dans ce projet de loi dont chaque article est un recul ? Rien ! Il faut lutter pour son retrait pur et simple. Il faut rejeter la manœuvre des « négociations » avec un gouvernement uniquement disposé à « négocier » la régression sociale.

Tiré de l'article ICI

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