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Nous faisions face à un adversaire implacable, doté d’une stratégie réfléchie, concertée et centralisée, mettant tous ses atouts dans la balance pour parvenir à ses fins. De notre côté, par contre, le combat a souvent un caractère éparpillé. Les différents détachements des opposants au coup d'état social,  avance en ordre dispersé. Il nous manque une stratégie de lutte collective et coordonnée. Cette situation s’explique en grande partie par le comportement des directions confédérales.

Il faut  tirer les leçons des grandes luttes de ces vingt dernières années, et notamment celle de l’automne 2010 contre la casse des retraites et celle de 2016 contre la loi El Komri. A elles seules, de grandes journées d’action ne feront  pas reculer le gouvernement.  Sa grande hantise, ce qui le forcerait à reculer, c’est le développement d’un mouvement de grève reconductible embrassant un nombre croissant de secteurs économiques. A l’automne 2010 et au printemps 2016 différentes catégories de salariés avaient engagé un mouvement de grève reconductible : cheminots, travailleurs des raffineries, éboueurs et transporteurs routiers, entre autres. Mais les dirigeants syndicaux ne faisaient rien pour soutenir et développer ce mouvement ; ils se contentaient d’organiser des « journées d’action » à intervalle régulier, qui, fatalement, ont fini par moins mobiliser. Isolés, les travailleurs en grève reconductible ont alors cessé leur mouvement.

Les gouvernements ont  tenus bon, malgré plusieur  millions de personnes dans les rues. Il nous faut tirer les leçons de ces défaites, car le gouvernement actuel n’est pas moins déterminé à faire passer sa contre-réforme scélérate que ne l’était le gouvernement Fillon en 2010 ou le gouvernement Valls en 2016 !

Le potentiel de mobilisation des travailleurs et des étudiants est immense. Dans les entreprises, la colère gronde contre la dégradation sans fin des conditions de vie, de travail  que les « réformes » des gouvernements UMP, PS  et maintenat Macron ont imposées au plus grand nombre. Les mouvements de 2010 et 2016 sont dans toutes les têtes. Cette situation a beaucoup joué dans la décision de Macron de passer en force cette été et par ordonnaces ! Mais ce n’est pas la seule raison. Pour le gouvernement, c’est aussi une tactique permettant de négocier les reculs sociaux avec les syndicats capitulards.

l’expérience des dernières grandes mobilisations  prouve que la stratégie des « journées d’action » sans lendemain, même massives, n’est pas suffisante pour faire reculer le gouvernement, en particulier dans le contexte d’une crise profonde du capitalisme. La responsabilité des directions syndicales est donc de préparer dès à présent, avec énergie, un mouvement de grève reconductible, dans le but de paralyser durablement l’économie.

Malheureusement la radicalisation des bases syndicales ne trouve pas d’expression adéquate au sommet. En conséquence, des organisations de base vont prendre des initiatives indépendantes de la stratégie des directions confédérales, voire contre la volonté de celles-ci :  Le « Front social », qui regroupe un nombre croissant de structures syndicales, en est un bon exemple. Les mobilisations à l’appel du Front social ont eu un certain succès. Son dirigeant le plus connu, Mickaël Wamen, est un orateur et un lutteur talentueux. Il a acquis une autorité importante. Il critique ouvertement les directions syndicales, y compris de la CGT, pour leur refus d’organiser sérieusement la lutte.
Dans la mesure où l’émergence du Front social exprime la radicalisation des bases syndicales, il pourrait devenir un véhicule de mobilisations massives, à l’avenir. Il est donc possible qu’il joue un rôle important – et contribue, au passage, à l’émergence d’un courant de gauche dans le mouvement syndical.

 Pas de négociation ! Qu’y a-t-il à négocier, dans ce projet de loi dont chaque article est un recul ? Rien ! Il faut lutter pour son retrait pur et simple et de la loi El Komri. Il faut rejeter la manœuvre des « négociations » avec un gouvernement uniquement disposé à « négocier » la régression sociale.

"La régression sociale ne se négocie pas, ELLE SE COMBAT !"

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