Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Une grève générale a démarré à Mayotte le 17 juillet, bloquant totalement l'ensemble du BTP, la grande distribution et le port. Les grévistes cherchent à étendre la lutte à tous les secteurs.

Comme d'habitude, quand les Mahorais luttent, la presse ici fait silence. La population de Mayotte, "département" le plus pauvre de France, est particulièrement combative. Déjà 4 mois de grève en 2007, une grève illimitée en 2008, des manifestations massives en 2009, 4 semaines de grève générale en 2011, puis encore en octobre novembre 2015 suivie par la grève générale d'avril 2016, une reprise de la lutte en septembre et à nouveau la grève générale du 17 juillet 2017.

En plus de la lutte contre la cherté de la vie, ils se sont battus à chaque fois pour une "égalité réelle" , l’application immédiate et intégrale à Mayotte du Code du travail et des conventions collectives de la métropole, l’alignement immédiat des pensions et prestations sociales au niveau de la métropole.

Ça continue aujourd'hui puisque s'ils veulent des augmentations de salaires, comme par exemple 300 euros à la Colas, ils exigent aussi l'application immédiate des conventions collectives nationales, l'intéressement, la participation, l'application des 35 H...

Les révoltes et grèves des Mahorais pauvres ne sont pas prêtes de cesser : le taux de chômage officiel à Mayotte est de 23 % mais on l’estime officieusement à 60 %., La moitié des Mahorais vivent avec moins de 348 euros par mois, 84 % des Mahorais vivent sous le seuil métropolitain de bas revenus. Le RSA est de 262 euros contre près du double en métropole, le Smic brut horaire est de 7,37euros contre 9,76 euros. La durée légale du travail est de 39 heures contre 35 heures.

Près de 60 % des Mahorais ont moins de 18 ans et ils ne peuvent pas attendre : ils ont faim, meurent de maladie, croupissent dans les plus grands bidonvilles de France, sans eau courante ni électricité, n'ayant parfois que les poubelles pour se nourrir. Tout manque : emploi, formations, transports publics, associations, stades... Les collèges et lycées sont sous-dimensionnés, les classes surchargées, sans matériel et la malnutrition empêche les enfants de se concentrer, 35 % des moins de 16 ans ne sont pas scolarisés.

Mayotte est une quasi zone franche avec guère de droits : c'est en quelque sorte l'objectif de Macron pour la métropole.

Leur lutte est la nôtre, leur courage doit être un exemple pour nous tous.
Soutenons la grève des travailleurs de Mayotte. Avec ce soutien, montrons à Macron notre détermination dés cet été en en faisant un tremplin pour la préparation du 12 septembre et sa suite.

Communiqué de presse du FRONT SOCIAL

Partager cet article

Repost 0