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Les candidats de la France insoumise (FI) et du PCF ont particulièrement souffert de l'abstention. Parmi les 7 millions d'électeurs de Mélenchon, plus d'une moitié ne s'est pas mobilisée. On pouvait le pressentir, pendant la campagne : beaucoup d'électeurs des milieux populaires considéraient l'affaire comme « pliée ». On avait beau expliquer que les législatives pouvaient rebattre les cartes, cet argument était d’une portée limitée. Dans les couches les plus exploitées et les plus opprimées de la population, les flux et reflux de la mobilisation politique ne collent pas toujours à l'agenda électoral des institutions bourgeoises. Cependant, le potentiel de la « gauche radicale » reste énorme. La faillite du macronisme débouchera sur une nouvelle radicalisation vers la gauche (et vers la droite).

Les candidatures concurrentes de la FI et du PCF ont également joué un rôle dans la démobilisation des électeurs de Mélenchon. Sans cette division, un plus grand nombre de candidats de la FI ou du PCF auraient pu accéder au deuxième tour. Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, renvoie la responsabilité aux dirigeants de la FI. Mais cela ne tient pas la route. La dynamique politique était du côté de la FI, pas du PCF ; c'était évident et c'est d'ailleurs ce qu'attestent très clairement les résultats du premier tour des législatives. Dès lors, Pierre Laurent peut bien expliquer sur tous les tons que « c'est la faute de la FI » – les électeurs, eux, regarderont les résultats et en tireront la conclusion que la responsabilité de la division retombe d'abord sur le PCF. Moyennant quoi ce parti va sortir affaibli des législatives, politiquement, et s'expose de plus en plus à la marginalisation.

Des candidats de la FI ou du PCF sont au deuxième tour dans quelque 80 circonscriptions. Une mobilisation unitaire de ces deux forces doit s'activer, sur le terrain, pour en faire élire un maximum, dimanche prochain. Il n'y aura pas d'autre « opposition » réelle à la politique de Macron, à l'Assemblée nationale.

Enfin, il faut rejeter fermement les appels au prétendu « front républicain » avec la droite contre le FN, c'est-à-dire les appels à voter pour les premiers responsables de la montée du FN. La lutte contre le FN et contre la droite en général – macronistes compris – doit désormais se développer sur trois plans : 1) en luttant pour faire élire un maximum de députés de la FI et du PCF, dimanche prochain ; 2)  en préparant les grandes mobilisations sociales que le programme réactionnaire de Macron met à l'ordre du jour ; 3) en transformant la France insoumise en une organisation plus solidement structurée, capable d'intégrer dans ses rangs de nombreux militants et dotée d'un programme de rupture avec le capitalisme en crise.

SOURCE

 

 

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