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Les marxistes ne regardent pas l’histoire comme une simple collection de faits isolés, mais cherchent plutôt à découvrir les lois et les processus généraux qui gouvernent la nature et la société. La première condition pour faire de la science en général est d’être capable de regarder au-delà du particulier pour s’élever au général. L’idée selon laquelle l’histoire humaine n’est gouvernée par aucune loi est contraire à toute science.

Qu’est-ce que l’histoire?

Pourquoi accepterions-nous que l’univers entier, des plus petites particules aux galaxies les plus éloignées, soit déterminé, et que les processus qui déterminent l’évolution de toutes les espèces soient gouvernés par des lois, mais que pour une étrange raison notre propre histoire ne le soit pas? La méthode marxiste analyse les mécanismes cachés qui sous-tendent le développement de la société humaine, des premières sociétés tribales jusqu’à l’époque contemporaine. La manière par laquelle le marxisme retrace cette route sinueuse se nomme la conception matérialiste de l’histoire.

Ceux qui nient l’existence de lois gouvernant le développement social humain approchent invariablement l’histoire d’un point de vue subjectif et moraliste. Mais au-delà des faits isolés, il est nécessaire de discerner les grandes tendances, les transitions d’un système social à l’autre, et de mettre au jour les forces motrices fondamentales qui déterminent ces transitions.

Avant Marx et Engels, l’histoire était vue par la plupart des gens comme une série de faits déconnectés ou, pour utiliser un terme philosophique, « d’accidents ». Il n’y avait pas d’explication générale de l’histoire, l’histoire n’était pas intrinsèquement soumise à des lois. En établissant le fait qu’au fond, tout développement humain dépend du développement des forces productives, Marx et Engels ont pour la première fois placé l’étude de l’histoire sur des bases scientifiques.

Cette méthode scientifique nous permet de comprendre l’histoire non pas comme une série d’incidents déconnectés et imprévus, mais comme un ensemble de processus interconnectés qu’il est possible de comprendre clairement. L’histoire constitue une série d’actions et de réactions qui englobe la politique, l’économie et le spectre entier du développement social. Dévoiler la relation dialectique complexe entre tous ces phénomènes constitue la tâche du matérialisme historique. L’être humain transforme constamment la nature à travers son travail, et par le fait même, se transforme lui-même.

Une caricature du marxisme

Plus la science, sous le capitalisme, s’efforce à analyser la société, plus elle tend à perdre de son caractère scientifique. Les soi-disant sciences sociales (sociologie, économie, politique), ainsi que la philosophie bourgeoise, n’appliquent pas, en général, des méthodes scientifiques authentiques. Par conséquent, elles deviennent des tentatives dissimulées de justifier le capitalisme, ou du moins de discréditer le marxisme (ce qui en fin de compte revient au même).

Malgré les prétentions « scientifiques » des historiens bourgeois, l’écriture de l’histoire reflète inévitablement un point de vue de classe. C’est un fait que l’histoire des guerres – incluant la guerre des classes – est écrite par les vainqueurs. En d’autres mots, la sélection et l’interprétation de ces événements sont informées par les résultats de ces conflits, résultats qui ont une incidence sur l’historien et sa perception de ce que le lecteur veut lire. De plus, en dernière analyse, ces perceptions vont toujours être influencées par les intérêts d’une classe ou d’un groupe social.

Quand les marxistes regardent la société, ils ne prétendent pas être neutres, mais épousent ouvertement la cause des classes exploitées et opprimées. Cependant, cela n’exclut absolument pas l’objectivité scientifique. Un chirurgien réalisant une opération délicate se dévoue à sauver la vie de son patient. Il est tout sauf neutre par rapport aux résultats de cette opération. Mais c’est justement pour cette raison même qu’il va tenter de distinguer avec un soin extrême les différentes couches de l’organisme. De la même manière, les marxistes vont s’évertuer à obtenir l’analyse la plus scientifiquement exacte des processus sociaux, dans le but d’influencer les résultats avec le plus de succès possible.

Très souvent, on tente de discréditer le marxisme en recourant à une caricature de sa méthode d’analyse historique. Il n’y a rien de plus facile que d’ériger un homme de paille pour attaquer une idée. La distorsion habituelle consiste à dire que Marx et Engels « réduisaient tout à l’économie ». Cette caricature mécanique n’a rien à voir avec le marxisme. Si c’était vraiment le cas, nous serions exemptés de la douloureuse nécessité de transformer la société. Le capitalisme s’effondrerait et la nouvelle société se mettrait en place par elle-même, comme une pomme mûre tombe sur les genoux d’un homme assoupi sous un arbre. Mais le matérialisme historique n’a rien en commun avec le fatalisme.

Engels avait répondu à cette absurdité patente dans l’extrait suivant d’une lettre envoyée à Bloch :

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