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L’équipe de Fillon, composé de réactionnaires notoires et de quelques “inconnus” tout aussi suspects, est une véritable machine de guerre dirigée contre les intérêts fondamentaux de la grande majorité des salariés, jeunes, et retraités. Le programme de  Fillon s’inspire largement de celui du MEDEF. La priorité, pour 2017, est de balayer Fillon et ses copies par une mobilisation massive aux présidentielles et aux législatives.

En même temps, les militants syndicaux, Insoumis, Ensemble et les Communistes, et, de manière générale, les jeunes et les électeurs qui soutiennent Mélenchon, sont en train de tirer les conclusions qui s’imposent à la suite de la défaite face à la Loi Travail. Les conséquences sociales dramatiques d’une politique prétendument “socialiste”, mais en réalité tournée vers la satisfaction des intérêts particuliers des grands groupes industriels et financiers, ont fait le lit de la droite et de l’extrême droite.

La principale leçon qu’il faut retenir de cette défaite est la suivante : un gouvernement “socialiste” qui privatise, qui s’agenouille devant les banques et la finance, devant la Bourse, devant les capitalistes ; un gouvernement qui résiste avec acharnement aux aspirations légitimes des salariés en termes de salaires, de conditions de travail, de lutte contre la précarité, qui affiche une indifférence hautaine à l’égard des travailleurs menacés par des licenciements, ce gouvernement s’est coupé de sa base sociale, l’exaspère, et permet ainsi à la classe dirigeante de l’écarter du pouvoir pour 2017.

Par delà les différences qui existent entre les dirigeants du PS et ceux des Insoumis, leur “socialisme” est, dans la pratique, d’un genre bien particulier : il ne doit en aucun cas empiéter sur les intérêts de la Bourse, ni porter atteinte aux profits des capitalistes, ni vexer les barons de la presse ou de la télévision. Autrement dit, c’est un socialisme complètement vidé de sa substance.

Le comportement du gouvernement a généré un sentiment d’amertume et d’hostilité parmi de larges couches de la population. Depuis le début du gouvernement Hollande, la société française est dans un état de fermentation sociale permanent. Des centaines de milliers de grévistes et de manifestants ont tenté d’infléchir la politique du gouvernement, de la rendre plus conforme à leurs besoins et aspirations. Le nombre de jours de grève a fortement progressé d’année en année, dans le secteur public comme dans le privé. Si l’ampleur de la contestation n’a jamais atteint le niveau des grèves de 1995, elle n’en était pas très loin, notamment sur la Loi Travail. La résistance syndicale n’a pas empêché le gouvernement de faire passer sa Loi Travail, à coup de 49.3, ainsi que ses attaques contre les services publics et elle n’a pas réussi à changer l’orientation fondamentalement pro-capitaliste de sa politique.

Devant la perspective d’une victoire, importante du candidat des Républicains, Fillon n’hésitera pas à reprendre à son compte un certain nombre des mesures socialement rétrogrades contenues dans le programme du Front National, il est de notoriété publique que les élus du Républicains collaborent avec les élus du FN dans de nombreuses instances municipales et régionales.

Si la responsabilité de l’échec de la gauche aux présidentielles reviendra, fondamentalement, aux dirigeants socialistes, les candidatures d’extrême gauche auront aussi une part. Certes, les critiques que ces minuscules organisations émettent au sujet du PS  sont, dans l’ensemble, valables. Mais leur sectarisme, leur refus de soutenir les organisations traditionnelles du salariat, les insoumis et Mélenchon contribueront à la défaite de la gauche. Le score de l’extrême gauche aura néanmoins une petite importance signification. Il est symptomatique du fait que des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs sont à la recherche d’une alternative nettement plus à gauche que la politique pro-capitaliste mise en œuvre par le gouvernement Hollande.

L’heure n’est plus au compromis avec un système qui génère l’exploitation, le chômage, la misère, et qui nourrit le racisme. Si on veut engager une lutte sérieuse et implacable pour éradiquer le danger du Front National et combattre l’ensemble de la droite, une réorientation radicale du programme et des méthodes de lutte s’impose, parmi les Insoumis comme dans les organisations syndicales. Sur le plan de la mobilisation sociale, les militants syndicaux, y compris les syndicalistes étudiants, ont un rôle crucial à jouer. Dès aujourd’hui, sans attendre, ils doivent lancer une vaste campagne de sensibilisation et de mobilisation, afin de préparer une riposte massive et foudroyante à la régression sociale de Fillon.

Le résultat des législatives est plus important que celui des présidentielles. Nous devons nous mobiliser pour assurer une majorité aussi large que possible aux députés insoumis et communistes dans la futur Assemblée Nationale. Halte à la division, aux comportements sectaires ! A chaque fois qu’il y a la moindre possibilité qu’une répartition des voix entre deux candidats de la gauche radicale augmente le risque d’une victoire de la droite, il faut éliminer ce risque au moyen d’une candidature unique. Dans le même temps, à l’intérieur comme à l’extérieur des insoumis et du PC, il faut exiger avec force l’adoption d’un programme conforme aux aspirations des salariés, des jeunes et des retraités. Les éléments essentiels de ce programme, du moins en ce qui concerne les revendications immédiates, ont déjà été élaborés par les organisations syndicales, dans les différentes branches des secteurs public et privé.

Mélenchon et la gauche radicale, doivent se donner les moyens de satisfaire les revendications sociales. Pour cela, il est impératif d’intégrer dans son programme des mesures susceptibles de mettre fin à la dictature des grands groupes industriels et financiers. Il faut mettre définitivement fin au pouvoir écrasant dont ceux-ci usent et abusent pour imposer la régression sociale ; il faut en prendre le contrôle au nom de tous ceux qui subissent cette régression, c’est-à-dire les nationaliser - ou, pour utiliser un meilleur terme, les “socialiser” - afin que l’économie puisse être gérée selon les critères du bien public et non plus du profit privé.

Quant aux dirigeants socialistes qui préfèreraient que la gauche reste figée dans cette démarche qui consiste, à être “à l’écoute des salariés”, mais qui, dans la pratique, revient à se plier aux intérêts de la finance et des capitalistes, le mieux est de les inviter à se retirer pour faire place à des candidats plus combatifs. La gauche radicale n’a besoin ni d’énarques, ni d’hommes fortunés, ni de cerveaux fatigués et empêtrés dans la “modération”. Elle a besoin de sang neuf, d’hommes et de femmes désintéressés, dévoués corps et âme à la défense des intérêts des travailleurs, et munis d’une compréhension claire de ce qu’est le socialisme.

Les premières dispositions que prendrait un gouvernement Fillon, ne laissent guère de doute sur les intentions de la droite. Si le camp de Fillon emporte les présidentielles et les législatives, le gouvernement lancera une grande offensive antisociale sur le modèle de celle de 1995. Cependant, comme à l’époque, cela provoquerait infailliblement une immense mobilisation de la part de ceux dont les intérêts seraient menacés, à savoir pratiquement tout le monde. De même, si Mélenchon et les insoumis avec le PCF l’emporte, la question des programmes des insoumis et du PCF, ainsi que des organisations syndicales, se posera d’une manière franche et incontournable. Tous les dirigeants, toutes les tendances politiques, seront soumis à rude épreuve.

Article d'aprés : REVOLUTION

 

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