Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La parution du livre confession des deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Francis Lhomme, « Un président ne devrait pas dire ça… » signera-t-elle la non candidature de François Hollande ? Personne ne le sait ; l’homme étant tellement obstiné qu’il cherchera, jusqu’à la dernière seconde, le trou de souris pour s’y faufiler et tenter de conjurer la défaite programmée.

Mais ce grand déballage, dans lequel le Président « normal » devient le Patrick Buisson de lui-même, s’auto enregistrant des dizaines d’heures durant, a au moins le mérite de révéler au grand jour ce que nous disons depuis les débuts de ce quinquennat désespérant et désespéré.

D’abord, François Hollande et son clan, veulent la destruction de la gauche, telle qu’elle s’est constituée en France sur les valeurs d’égalité et de fraternité, au profit d’un « parti du Progrès », rassemblant les gagnants de la mondialisation « les « insiders », à la manière de Macron. Les autres : les « sans-dents », terme qu’il revendique, mais aussi les juges, les footballeurs issus des banlieues, les Verts « cyniques et emmerdeurs » … Sont insultés, vilipendés, méprisés comme jamais un Président ne l’aura fait avant lui, y compris Sarkozy, qui concentrait sa haine sur la « racaille » des quartiers. Pour Hollande, tous - sauf lui et ses semblables, bien sûr ! - sont réduits à n’être que des pions, que l’on jette dès qu’ils ne sont plus utilisables dans le grand jeu politique. Voilà qui en dit long sur son rapport monomaniaque et maladif au jeu politicien.

Ensuite, François Hollande parachève « l’œuvre » de Nicolas Sarkozy. Il a tellement abaissé la fonction présidentielle que, sans avoir besoin de modifier la Constitution, il réalise le projet de tous ceux qui veulent en finir avec la Vème République ; En se livrant, sur le divan, à une « analyse » de deux journalistes d’investigation transformés en psychanalystes de bazar, il aura tué le second corps du roi ; En voulant jouer de la transparence totale - y compris jusqu’à répondre à ses interlocuteurs privilégiés pendant la visite de responsables politiques étrangers ou durant des moments de crise - il a montré la faiblesse et l’impuissance de son pouvoir.

Nous sommes passés du président « bling-bling » au président « pipelette », bavard impénitent ; La prétendue normalité du débit s’est muée en spectacle de son irrésolution, de son indécision permanente.

Le roi est nu, vive la République. Car en en inspirant le dégoût jusqu’à ses proches, il est devenu lui-même l’arme de destruction massive d’une Vème République à bout de souffle qui, loin d’avoir rompu avec les clans et les partis, comme le désirait le Général De Gaulle, leur a redonné la main cette dernière décennie en inventant le système des primaires. François Hollande, aujourd’hui, comme le prochain Président de droite, demain, est issu de ce processus mortifère, qui aboutit à l’américanisation de la vie politique française. La politique est devenue une course de chevaux, avec ses écuries et ses financiers, ses lads et ses jockeys.

Désormais, une clameur monte : « ils ne nous représentent plus ». Et ce cri de ceux d’en bas annonce que la crise politique, quel que soit l’élu, continuera de plus belle. François Hollande a ouvert la boite de Pandore. On l’a vu avec le premier débat de la Primaire de la Droite et du Centre, au cours duquel nous avons assisté à un festival du libéralisme le plus débridé : retraite à 65 ans, suppression de l’ISF, du CDI et, pour certains comme Jean François Copé, des syndicats !… Comment faire pour pousser la logique libérale plus loin que François Hollande ? Tel est désormais, pour la droite, le test de crédibilité du futur président… Cette galerie des horreurs ferait presque apparaître Marine Le Pen comme plus sociale que les prétendants à la Primaire de la Droite et du Centre, parmi lesquels un « FN compatible », le démocrate-chrétien, Jean-Frédéric Poisson.

Après ce le livre autodestructeur, le PS, qui avait mijoté un remake de « Au secours la droite revient », reste muet. Ses dirigeants, qui ont tout cautionné depuis plus de quatre ans, paient au prix fort leur lâcheté et leur soutien au binôme Hollande Valls. Et si ce dernier, dans un sursaut autoritariste, veut masquer la déliquescence du pouvoir en s’attaquant aux Zadistes de Notre- Dame-des-landes et aux militants syndicalistes, il prendra le risque, à six mois de l’échéance présidentielle, de créer un climat de guerre civile dans le pays.

Il est grand temps de tourner la page et d’en finir avec ces irresponsables qui nous gouvernent. François Hollande aura rendu au moins ce service à la gauche ; Il l’aura vaccinée contre l’illusion plurielle. Le cycle d’Epinay est bien fini. Il est temps de reconstruire, de bas en haut, notre camp, celui de l’écologie sociale et populaire, de l’insoumission à la mondialisation, du refus de la marchandisation, comme système de domination totale des corps et des esprits. Tout le reste n’est que bavardage et je le laisse au Président et aux prochains livres qui ne manqueront pas de paraître sur ce quinquennat trash où un Président consacra plus de temps à parler aux journalistes qu’à combattre les fractures sociales, territoriales, ethniques qui minent le pays. Quant aux « sans dents », il le recevront  comme il le mérite. Avec le même mépris.

D'après : http://www.pressegauche.org/spip.php?article28240

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :