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La faillite des « primaires de la gauche » et l'erreur du PCF

Le soutien de la direction du PCF aux « primaires de la gauche » Révèle l’objectif qui est de ne pas rompre avec le PS –et, ainsi, de justifier des alliances et accords futurs. En appelant François Hollande à « changer de cap », c’est-à-dire à mener une politique contraire aux intérêts du patronat, la direction du PCF cherchait à ménager ses liens politiques – et d’appareils – avec le Parti Socialiste. En 2012, elle avait soutenu la candidature de Mélenchon à la présidentielle. Mais depuis, Mélenchon lui pose un sérieux problème : il tire à boulets rouges sur la direction du PS et rejette les alliances avec ce parti. Autrement dit, Mélenchon est trop à gauche aux yeux des dirigeants du PCF. Alors, ils bottent en touche ; ils espèrent que les « primaires de la gauche » feront émerger une candidature moins hostile au PS, qu’ils pourront soutenir. Tout le reste – sur le caractère prétendument « démocratique » des primaires, etc. – n’est que littérature.

Sur son blog, le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles vante les « primaires » et explique : « nous démultiplions les contacts dans un arc de forces qui va du Front de gauche aux frondeurs socialistes, de syndicalistes aux initiateurs des appels aux primaires qui, très clairement, font le choix d’une alternative de gauche. » Ainsi, « l’arc de force » de « l’alternative de gauche » comprendrait les « frondeurs socialistes » ? Mais il s’agirait de l’alternative à quoi, au juste ? Depuis 2012, les « frondeurs » du PS se sont illustrés – y compris dans leurs votes – par une extrême modération. Ils demandaient au gouvernement un peu moins d’austérité, mais votaient tout de même le budget. Ils ne proposent aucune alternative au capitalisme agonisant ; ils espèrent le ranimer par une petite cure d’homéopathie keynésienne.

En outre, jusqu’où va « l’arc de force » des « frondeurs » eux-mêmes ? Est-ce qu’il comprend Hamon et Montebourg, ex-ministres du gouvernement Hollande, par exemple ? Apparemment. De même, il semble que Cécile Duflot, ex-ministre et girouette notoire, pourrait incarner « l’alternative à gauche », elle aussi. C’est une mauvaise plaisanterie. Mais en réalité, tous ces réformistes modérés incarnent surtout une « alternative » à Mélenchon ; c’est leur principale qualité, aux yeux de Pierre Laurent.

Comme à chaque fois qu’elle est en difficulté, la direction du parti propose aux militants d’organiser une « consultation populaire sans précédent », et même une « discussion politique géante avec notre peuple ». Il s’agira de relever les « exigences essentielles » du peuple (Dartigolles), ses principales aspirations, au moyen d’un « questionnaire » rempli par 500 000 personnes (c’est l’objectif officiel). Puis les dirigeants du parti synthétiseront le tout dans un laboratoire de Colonel Fabien – et le résultat fixera les grandes lignes programmatiques des primaires, son « socle commun ». Gageons que ce « socle » conviendra à Montebourg, Hamon, etc. Alors, aucune protestation ne sera possible : le peuple aura parlé.

Telle est l’usine à gaz conçue par la direction du parti pour 2017. La base militante est au minimum sceptique. Des dirigeants (Buffet et Parny, entre autres) ont fait connaître leur net désaccord. Toute l’affaire pourrait s’écrouler sous le poids de ses contradictions internes. De leur côté, les militants communistes doivent exiger l’abandon de cette stratégie. Il faut une candidature commune du Front de Gauche sur un programme radical, un programme de rupture avec l’austérité et le capitalisme en crise. Voilà ce qu’il faut proposer aux millions de jeunes et de travailleurs qui cherchent une alternative à la faillite du système.

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