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Au fait, que défend Frédéric Lordon ?

Frédéric Lordon l’a encore répété ce mercredi soir, à un meeting organisé à la Bourse du Travail à Paris (vidéo en ligne ici) : il n’est pas le porte-parole de « Nuit debout ». Mais pour quiconque l’a vu se faire apostropher par un « camarade » en meeting ou applaudir en AG, il est évident qu’il représente une référence intellectuelle forte pour nombre de ceux qui participent au mouvement.

Pourtant, on ne peut vraiment pas dire que les ouvrages de Frédéric Lordon soient grand public. Ni qu’il soit un habitué des « grands » médias, qu’il méprise. Récemment, son refus de parler à Libération, « chantre de la modernité néolibérale », lui a valu un portrait vitriolé de la part du canard, où il apparaît comme un petit boxeur teigneux rétif au débat contradictoire.

Pourtant, Lordon n’est pas avare de sa parole. C’est juste qu’il la réserve à certains lieux : les conférences, les réseaux militants, les médias alternatifs. Ainsi, c’est sur le site du Monde diplomatique qu’il tient son blog « La Pompe à Phynance », où il commente la politique européenne, la Grèce et dégomme au passage d’autres intellectuels de gauche, tels Pierre Rosanvallon (qu’il dépeint en ambitieux de la « gauche pleurnicheuse » inoffensive ) ou Thomas Piketty (dont le « Capital au XXIe siècle » est « désespérément vide de tout affrontement concret »).

Petit tour d’horizon de ses positions si vous prenez le train Lordon en marche.

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Nuit debout doit refuser le cadre habituel de la « revendication »

Pour Lordon, Nuit debout doit refuser d’entrer dans le jeu de la « revendication » qui enfermerait le mouvement dans les formes obsolètes posées par les pouvoirs classiques en place (où « tous se demandent quelle est la meilleure couleur pour repeindre la clôture du jardinet qu’ils continuent d’entretenir sur les flancs du volcan déjà secoué de grondements »).

Il l’explique dans ce post :

« Nous ne revendiquons rien. Entendez qu’après quelques décennies à faire, vous et vos semblables, la démonstration de vos talents et de votre hauteur de vue, l’idée de négocier quoi que ce soit avec vous nous apparaît absolument sans objet.

C’est que “revendiquer” n’a de sens que dans un certain cadre qu’on reconnaît par-là implicitement comme légitime, et tautologiquement comme hors du champ de la revendication elle-même — puisqu’il en est le cadre…

Or, vient fatalement un moment où, à force de combats dérisoires pour des miettes, et même en l’occurrence pour simplement résister à la diminution des miettes, l’impensé du cadre revient à la pensée. Non plus comme objet de “revendication” mais comme objet de renversement. »

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Pour la grève générale

Comme d’autres voix dans le mouvement, Lordon est pour la grève générale. Le samedi 9 avril, il prend son tour de parole devant l’Assemblée Générale de la place de la République pour expliquer pourquoi.

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