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Pourquoi le Code du travail est leur ennemi à abattre

Tous les patrons vous le diront : la réglementation est trop lourde, et demande à être simplifiée pour rendre notre pays davantage « compétitif ». En ligne de mire : le Code du travail, un mastodonte administratif qui compliquerait les relations sur le marché du travail et grèverait donc la France d’une économie plus performante. Tandis que les responsables politiques, notamment socialistes, se joignent à la cause des chefs d’entreprise, de moins en moins de salariés comprennent l’intérêt du Code du travail et ce que le réformer signifie. Il convient de replacer les éléments dans leur contexte pour discerner la mécanique qui se met en place dans notre pays.

Nombreux sont ceux qui lui ont déclaré la guerre, en cette fin d’été 2015. Le Code du travail est sous le feu de toutes les critiques, montré du doigt comme le principal obstacle à la « compétitivité » économique de la France. Dès le 26 août, Pierre Gattaz exhortait le gouvernement à agir « d’ici Noël » et « sans demi-mesure » (1) ; le 3 septembre, dans une interview au Monde, c’est Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui jugeait « le Code du travail illisible pour les salariés, et du coup, il n’est plus respecté » (2). Le think tank de gauche libérale Terra Nova embrayait sur la « nécessité » de faire valoir les accords d’entreprise au-dessus des normes législatives. Sur les plateaux télévisés, même combat contre « notre fameux Code du travail, si lourd avec ses près d’un kilo et demi » selon David Pujadas, qui le brandit à la caméra (3).

Unanimité politico-médiatique

« Fléau numéro un des patrons français » pour Gattaz (4), « étouffoir de croissance et d’emploi » qui doit être « ramené à 150 pages » selon François Fillon et Bruno Le Maire, le Code du travail a également essuyé les critiques, en juin, de l’ancien Garde des sceaux socialiste Robert Badinter, qui le voit comme un document « obèse » qui « utilise le droit contre le travail ». La musique qui s’est mise en route a fini par convaincre le président de la République. Dans sa traditionnelle conférence de presse de rentrée, François Hollande a annoncé le 7 septembre que le droit du travail serait profondément réformé dans les prochains mois, permettant aux accords d’entreprise d’outrepasser la loi, hormis un socle de « garanties essentielles » parmi lesquelles le salaire minimum interprofessionnel (Smic), les 35 heures hebdomadaires et le contrat de travail à durée indéterminée (CDI). « Avec tous ces interdits, ça veut dire que le gouvernement exclut tout big-bang sur le droit du travail » regrette François-Xavier Pietri, chef du service économie de TF1 (5). Si l’heure de la réforme a sonné, elle doit être la plus « complète » possible, c’est-à-dire achever le Code du travail jusqu’au bout.

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