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La crise économique a-t-elle démobilisé les salariés ?

Les situations de crise économique contribuent-elles à rendre les conflits du travail plus difficiles mais également plus radicaux ? Auprès des militants s’impose souvent l’idée que, dans ce type de contexte économique, les salariés sont tenus par la peur de perdre leur emploi et qu’ils ne se mobilisent que lorsqu’ils sont dos au mur, menacés de licenciement. Cette menace et la constitution d’une « armée de réserve » de chômeurs auraient un double effet : les risques perçus à faire grève augmentent, et il devient plus difficile pour les salariés de croire qu’il est possible d’obtenir satisfaction sur leurs revendications, quand leurs direction font tout pour réduire leurs coûts de production. De nombreuses recherches se sont penchées sur les effets de la conjoncture économique sur le mouvement des grèves. Leurs résultats divergent[1]. Qu’en est-il des effets de la crise ouverte en 2007 sur les conflits du travail ?

Les données de l’enquête REPONSE (ministère du Travail) ne montrent pas avec évidence un recul des conflits du travail du fait de la crise économique. Au contraire, on l’a évoqué précédemment (épisode 1) : au début de la crise, entre 2008 et 2010, la part des établissements concernés par une grève a légèrement augmenté par rapport à la période 2002-2004.

Plus de conflits dans les établissements touchés par la crise

Mais une fois ce constat général établi, dans quel contexte ces conflits ont-ils émergé ? Il semble d’abord que les établissements impactés par la crise avec des baisses d’activités ont connu un niveau de conflit légèrement plus élevés qu’ailleurs. Certes, dans cette catégorie d’établissements, c’est la part des établissements qui déclarent avoir connu des conflits sans arrêt de travail qui augmente. Néanmoins, on peut y voir le signe que les situations de déclin de l’activité économique, loin de provoquer nécessairement l’apathie des salariés, peuvent aussi être propices au développement des conflits, du fait des tensions qu’impliquent les politiques patronales de « gestion de la crise » (changements d’organisation du travail, ajustement des effectifs, etc.). Même si ces tensions ne se traduisent pas nécessairement par des grèves.

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